La région de Chablis

Les vignes de la région de Chablis sont très anciennes et c'est l'occupation romaine qui en développa la culture. Elles sont situées dans le département de l'Yvonne qui tire son nom de la rivière le traversant et se dirigeant vers la Seine où elle se jette à Montereau.


 

D'où vient la réputation de Chablis ?

Ce département a pour chef-lieu Auxerre, Autissiodurum, Autricidurum ou Aucerre par la suite. C'est une ville très ancienne qui existait déjà au temps des Celtes et dont l'importance ne fit que se développer sous la domination romaine. Elle était alors comprise parmi les "cités", civitas Autissiodorum, et avait donné son nom à une très vaste région allant jusqu'à la Loire, le pagus Autissodorensis. Si saint Pellerin christianisa le premier l'Auxerrois au III siècle, le sixième évêque de cette région, Saint-Germain, qui y possédait des vignes, contribua aussi grandement au développement de la Foi. Il avait eu une jeunesse mouvementée et une vie publique peu recommandable avant d'être nommé à ce poste important. Dès ce moment s'opéra en lui une transformation complète : sa vie devint exemplaire et il mérita la sainteté. Mais ce qu'il ne changea jamais, ce furent les soins donnés à son important vignoble et, s'il ne profita plus lui-même de son vin, il ne manqua jamais d'en offrir, largement, à ses invités qui, nous rapporte un auteur ancien, l'appréciaient fort; il reste avec saint-Martin un des saints les plus populaires. 

 

Les vins de Chablis avaient leur propre réputation

Ainsi, les vins de la région étaient connus, à l'époque, sous le nom de vins d'Auxerre. Il s'agissait de vins rouges, et cette dénomination fut maintenue jusqu'au XVIIIe siècle. Cela n'empêchait pas, d'ailleurs les vins de Chablis d'avoir leur propre réputation. Elle était due à un vieux monastère, fondé en 510 par saint Sigismond, et surtout une filiale de l'abbaye de Cîteaux, celle de Pontigny, édifiée en 114 et qui créa, en ce lieu, un clos semblable à celui de Vougeot. Bénéficiant, comme nous l'avons vu, de la renommée de la maison mère, il n'est pas étonnant que la qualité des vins produits ne finît par se répandre en France et en Europe. Dans toute la région, les vignes se multipliaient et, déjà au XIIème siècle, "on fut obligé d'augmenter considérablement le nombre de pressoirs", nous dit l'abbé Leneuf.

Il est vrai que ce vignoble possédait un grand avantage. Alors que les transports par voie de terre étaient combien difficiles, en raison, certes, des véhicules employés et des chemins mal entretenus, mais, également des pillages, brigandages et autres moeurs fort en vogue à l'époque, deux voies d'eau, l'Yonne et la Seine, facilitaient les envois vers Paris. La capitale recevait bien les "vins français", c'est-à-dire ceux de l'Ile de France, mais elle était ravitaillée en vins de meilleure qualité par ceux en provenance d'Auxerre. Ce fut la cause du développement du vignoble qui devait devenir par ceux en provenance d'Auxerre. Ce fut la cause du développement du vignoble qui devait devenir au XIXe siècle le plus important de la Bourgogne; en 1788, 32.168 hectares étaient plantés, en 1866, 37.732 et en 1888, au moment du pylloxéra, 40.600 hectares. Les bourgeois et les notables de Paris aimaient, comme encore de nos jours, avoir des "résidences secondaires", et des vignes dans la région.