En 1985, pour la première fois, on a pu entendre des producteurs dire : “Pour manquer un tel millésime, il fallait vraiment le faire exprès.” Ils étaient sûrs de leur savoir-faire, comme en 1999 et 2009, années qui furent l’occasion de proclamer qu’on savait faire le vin maintenant bien mieux que dix ans plus tôt. Chaque nouvelle génération juge les erreurs de ses pères , mais les solutions trouvées n’anticipent pas le retour de bâton qui déjà se profile – on est toujours en retard d’une guerre.

L’histoire viticole de la Bourgogne est cyclique, et si ses difficultés sont dans certains cas imputables à des fatalités historiques, elles tiennent parfois à un sentiment d’autosatisfaction. ” Dans la Côte-d’Or, le vigneron abdique [sic] trop difficilement son apathie, à son esprit de routine et de défiance ; il se montre trop peu disposé à profiter des idées saines, à employer  des méthodes de culture rationnelle, des instruments perfectionnés… On reproche aussi aux vignerons une tendance à altérer la bonté des produits dont ils recherchent la quantité plutôt que la qualité “, écrivait un auteur de guide en 1869.

Cette critique fait écho à la plainte de Philippe le Hardi, qui reprochait aux vignerons de s’en remettre à la facilité en plantant du médiocre gamay, et sera étayée en 1982 par quelques franches considérations qu’émettra Anthony Hanson dans la première édition de son livre sur les vins de Bourgogne.

A l’avenir la Bourgogne devra relever les défis suivants : l’oxydation prématurée des vins; la marche vers l’agriculture biologique, voire la biodynamie; l’inflation des prix du foncier et de ceux des vins haut de gamme, alliée à la dimension spéculative du marché international; les effets du réchauffement climatique.